République Populaire du Fiakistan — Site officiel de l'État
Mémoire nationale

Histoire du Fiakistan

1958 — La proclamation des Deux Tertres

Selon les archives officielles (partiellement retrouvées, partiellement reconstituées par le Ministère de la Mémoire), le Fiakistan naît le 14 mai 1958. Les fermier·ère·s, artisan·e·s et notaire·sse·s installé·e·s sur les Deux Tertres refusent alors de choisir entre rattachement belge, luxembourgeois ou français, et se réunissent en Assemblée des Foyers. Les habitant·e·s du village y proclament la République Populaire du Fiakistan et élisent leur première cheffe d'État, la bergère Odile Ponte-aux-Tertres, première d'une longue lignée de dirigeant·e·s toustes tenu·e·s, depuis, à la même obsession fondatrice : faire vivre un aussi petit territoire.

1960–1973 — L'âge d'or des berceaux

Porté·e·s par l'euphorie de l'après-guerre et par une politique d'accueil résolument ouverte à tou·te·s les nouveaux·elles arrivant·e·s, les Fiakistanais·es connaissent quinze années de croissance démographique presque ininterrompue. Les manuels scolaires officiels désignent encore cette période comme « l'âge d'or des berceaux », marquée par la construction de la première maternité nationale et par l'adoption de la devise actuelle.

1963 — L'Incident du Cadastre

Une erreur d'arpentage lors d'un redécoupage communal belge manque de rattacher purement et simplement le Fiakistan à la commune d'Arlon. Le pays n'est sauvé de justesse que grâce à un employé du cadastre local qui, selon la légende officielle, aurait « confondu deux tertres avec une simple ondulation de terrain » et refusé de valider le document sans vérification. Cet·te employé·e anonyme est depuis honoré·e chaque 8 février, jour de la « Fête du Doute Salvateur ».

1974 — La naissance de la Parade des Foyers Unis

L'histoire retient qu'un hiver 1973-1974 particulièrement rigoureux — conjugué, selon la légende locale, à une grille des programmes télévisés jugée par le Conseil des Foyers « manifestement anaphrodisiaque » — provoque un recul brutal et inattendu des naissances. Pour y répondre, le Conseil organise le 12 juin 1974 une grande marche publique : la Parade des Foyers Unis. Chaque citoyen·ne y est invité·e à défiler avec son foyer, quelle qu'en soit la forme — couples mariés, familles recomposées, colocations de longue date, foyers monoparentaux, aîné·e·s ayant adopté des filleul·e·s de cœur — dans le but assumé, selon les mots du Conseil, de « montrer au pays tout entier la diversité des chemins qui mènent à un berceau ».

La première Parade rassemble 340 personnes, soit la quasi-totalité de la population de l'époque en âge de marcher. Reconduite chaque année depuis, elle essaime dès les années 1990 dans les villages frontaliers belges, luxembourgeois et français, avant de gagner Bruxelles puis Luxembourg-Ville au tournant des années 2000. On en retrouve aujourd'hui des variantes, sous des noms divers mais dans le même esprit fondateur, dans une bonne partie des capitales européennes — ce que la diplomatie fiakistanaise désigne, non sans fierté, comme son principal succès d'exportation culturelle.

1981 — La Grande Sonnerie

Pour relancer le moral national après une série inhabituelle de mariages annulés, le Conseil des Foyers fait sonner sans interruption, durant 72 heures, l'unique cloche de la Chapelle des Tertres. Aucune étude sérieuse n'a jamais permis d'établir de lien avec la légère reprise démographique observée l'année suivante ; la sonnerie n'en est pas moins reconduite, à titre commémoratif et pour trois minutes seulement, chaque premier dimanche de mai.

1990–2020 — Le Grand Ralentissement

Comme la plupart de ses voisin·e·s européen·ne·s, le Fiakistan voit son taux de natalité décliner régulièrement à partir des années 1990. Les gouvernement·e·s successif·ve·s tentent diverses réponses, de l'incitation fiscale à la campagne de sensibilisation, sans parvenir à inverser durablement la tendance.

1994 — L'Affaire du Timbre Introuvable

Le Fiakistan émet son premier — et à ce jour unique — timbre-poste officiel, représentant le blason national. Imprimé à 400 exemplaires exactement, il est déclaré « en rupture de stock » dès le lendemain de sa mise en vente, probablement conservé par les 400 personnes qui l'ont acheté. Aucune réédition n'a depuis été envisagée par l'Office des Postes, « de peur d'en dévaluer la rareté ».

2008 — La Crise de la Pomme de Terre

Confronté à une pénurie passagère de pièces en Foyers (FKF), le gouvernement autorise pendant six semaines le règlement des taxes communales en pommes de terre, à un taux de conversion fixé par arrêté ministériel. La mesure est officiellement abrogée l'année suivante, mais les textes la qualifient encore, par prudence administrative, de « suspendue plutôt qu'abolie ».

2016 — Le Pari de Rodange

Lors d'un dîner diplomatique informel à Rodange, l'Ambassadeur de l'époque aurait mis en jeu, sur une partie de belote restée célèbre, l'exclusivité des droits de pêche dans le ruisseau frontalier. Le Fiakistan remporte la partie ; le ruisseau, large d'une quarantaine de centimètres, ne compte à ce jour officiellement aucun poisson recensé, mais les droits, eux, demeurent pleinement acquis.

Aujourd'hui — Une politique nataliste assumée et ouverte

Face à cette réalité, l'Exécutif actuel a fait le choix de l'ouverture : plutôt que de miser sur la seule natalité intérieure, le Fiakistan invite désormais celles et ceux qui le souhaitent, quelle que soit leur origine, à rejoindre et agrandir la nation. C'est tout l'objet de l'Office de la Naturalisation Nataliste et de son formulaire de candidature.